Peut-on s’affranchir de la symbolique des couleurs ?

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La série divergente à classes est le standard le plus souvent utilisé pour réaliser des cartes de relief. Les altitudes basses sont représentées par des dégradés de verts qui évoquent la plaine et la végétation alors que les reliefs sont représentés par des dégradés de bruns qui évoquent la roche et l’aridité. Les 2 couleurs dominantes sont complémentaires et l’ensemble est esthétique. Pourtant ces couleurs sont trompeuses, elles laissent à penser que le pourtour méditerranéen est humide et riche en étendues verdoyantes alors que les altitudes moyennes seraient plus sèches et rocailleuses. Cela ne reflète pas une réalité géographique. Le pourtour méditerranéen est sec alors que les altitudes moyennes représentées en nuance de brun sont bien plus verdoyantes. Ce choix de couleurs véhicule une information erronée et des stéréotypes.

En inversant simplement le référentiel de couleurs, la réalité géographique associée aux couleurs n’est pas plus juste mais le résultat obtenu nous heurte et la carte devient même illisible du fait de cette inversion de symbolique qui ne permet plus de reconnaitre le relief.

Il serait alors tentant de vouloir s’affranchir du symbolisme des couleurs en choisissant un autre jeu de couleur moins signifiant tout en gardant le principe de la série divergente à 7 classes. Le résultat est similaire à celui de la carte classique en termes de reconnaissance des formes des reliefs qui sont en fait les seules informations contenues dans les données exploitées. Mais pourtant, le lecteur s’interroge sur le choix des couleurs qui traduit cette absence de symbolique. Difficile donc de s’écarter de la norme…

Les cartes ont été réalisées à partir de données disponibles sur le site data.gouv.fr.
Alain Ottenheimer

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